2018-08-28 
ALGÉRIE - Efficacité énergétique: manque de laboratoires pour assurer le contrôle des produits

Le Laboratoire national d’essais industriels (LNE) devait entrer en activité en 2015 mais qui n’a toujours pas vu le jour jusqu’à l’heure actuelle

 

Le nombre de laboratoires de contrôle pour assurer la qualité des produits consommant moins d’énergie demeure insignifiant alors que le contrôle est incontournable pour “crédibiliser” le Programme national de l’efficacité énergétique, affirme le Directeur général de l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (Aprue), Mohamed Salah Bouzriba.

 

“J’insiste sur l’instauration d’un contrôle de l’efficacité énergétique pour s’assurer de la qualité des produits consommant moins d’énergie. Le contrôle est primordial pour crédibiliser le Programme de l’efficacité énergétique. Sinon, c’est un recul pour ce programme.”

A ce propos, il regrette le nombre insignifiant des laboratoires de contrôle en Algérie pour s’assurer des normes de performance des équipements en matière d’efficacité énergétique. Il cite ainsi le laboratoire de contrôle de la qualité et de la conformité (Ecolab, sis à Boumerdes) et le laboratoire dont dispose l’Institut algérien de la normalisation (IANOR).

“Ce sont, malheureusement, les seuls laboratoires qui existent et qui ne contrôlent, pour le moment, que les lampes économiques LED”, précise le même responsable Souhaitant que les opérateurs privés investissent dans la création de laboratoires de contrôle, il relève, toutefois, que “c’est à l’Etat de s’y mettre d’abord”.

Sur ce point, il évoque le Laboratoire national d’essais industriels (LNE) qui devait entrer en activité en 2015 mais qui n’a toujours pas vu le jour jusqu’à l’heure actuelle. Ce retard est dû à plusieurs facteurs notamment ceux relatifs à l’acquisition des équipements et à la budgétisation du laboratoire. Deux appels d’offre avaient été lancés pour l’acquisition de la première partie des équipements, estimée à 480 millions de DA, mais qui avaient été déclarés infructueux pour absence de concurrence dans les offres reçues.

Afin d’illustrer l’importance de ce laboratoire pour assurer le contrôle, M. Bouzriba cite certains fabricants de lampes qui classent faussement leurs produits dans la classe A (moins énergivores), “car ils savent pertinemment qu’il n’y a aucun contrôle”. Pourtant, la loi actuelle relative à la maîtrise de l’énergie prévoit, dans une de ses dispositions, le contrôle d’efficacité énergétique qui permet de constater et de certifier la conformité aux normes relatives au rendement énergétique des équipements, matériels et appareils.

Ce contrôle, précise ce texte législatif, “est assuré par des organismes et/ou des laboratoires compétents, chargés de la certification et de l’homologation et agréés par les ministères concernés”. Mais selon des experts, l’absence de procédures de contrôle est une lacune qui entrave l’application de ce dispositif. En effet, expliquent-ils, “n’importe quel importateur ou fabricant peut mentionner ce qu’il veut sur l’étiquette sans pouvoir être démenti. Et le mauvais produit finira ainsi par chasser le bon.

D’où l’importance de mettre en place un instrument de contrôle des normes sur l’étiquetage, qui permettrait d’éviter l’ouverture aux abus de toutes sortes de pratiques de la part d’entreprises peu scrupuleuses”.

Vers la révision de la loi sur la maîtrise de l’énergie

Interrogé sur le projet de révision de la loi actuelle sur la maîtrise de l’énergie et les motifs de cette révision, M. Bouzriba fait savoir que la première mouture de ce nouveau texte est finalisée et qu’elle sera transmise aux différents ministères. Expliquant les motifs de cette révision, le premier responsable de l’Aprue relève l’importance de l’instauration d’un contrôle de l’efficacité énergétique dans les différents secteurs, ajoutant qu’il s’agit aussi de donner à l’Aprue le rôle qui lui revient de droit.

“Il faut attribuer à l’APRUE les moyens nécessaires pour qu’elle puisse se déployer sur tout le territoire national à travers des annexes et des agences et pouvoir être la plus proche possible des citoyens.”

Ce sont là, selon lui, les grandes modifications apportées à la loi en vigueur sur la maîtrise de l’énergie “pour la rendre plus opérationnelle et plus en adéquation avec le nouveau contexte économique qui nous dicte l’impératif de l’accélération du processus de l’efficacité énergétique.” “Nous ne sommes plus au stade de la démonstration et du volontarisme. Maintenant, il faut mettre les bouchées doubles et lancer des programmes d’envergure et mesurer l’impact des actions de l’économie d’énergie”, insiste le Directeur général de l’APRUE.

Pour rappel, le Programme de la promotion de l’efficacité énergétique, datant de 2015, consiste, principalement, à l’amélioration de l’isolation thermique des bâtiments, le développement du chauffe-eau solaires, la généralisation de l’utilisation des lampes à basse consommation (LED), la substitution de la totalité du parc de lampes à mercure par des lampes à sodium, la promotion du GPL/c et du GN/c, la promotion de la cogénération, la réalisation de projets de climatisation au solaire et le dessalement des eaux saumâtres.

Il devrait permettre de réaliser un gain financier de 42 milliards de dollars à l’horizon 2030 avec une réduction de 9% de la consommation globale d’énergie à l’horizon 2030, soit une économie de 63 millions de tonnes équivalent pétrole (Tep). En outre, la mise en oeuvre de ce programme devrait conduire, notamment, à l’isolation thermique de 100.000 logements/an ainsi qu’à la conversion au GPL de plus d’un (1) million de véhicules particuliers et de plus de 20.000 autobus, en même temps que seront créés plus de 180.000 emplois.

https://www.huffpostmaghreb.com/entry/efficacite-energetique-manque-de-laboratoires-pour-assurer-le-controle-des-produits_mg_5b5339a8e4b0de86f48d7cf3

 

 

 

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