2018-09-06 
Peste des petits ruminants : un modèle pour éradiquer la maladie

Après la peste bovine, c’est celle des petits ruminants que l’OIE et la FAO souhaitent éradiquer d’ici 2030. Actuellement présente en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient, cette maladie très contagieuse a récemment été détectée en Bulgarie à la frontière turque. Une publication parue le 27 juillet dans la revue PNAS propose un modèle permettant de prioriser les zones à vacciner. Ces résultats constituent une alternative providentielle aux campagnes massives de vaccination qui sont à la fois coûteuses et très compliquées à mettre en œuvre.

Éradiquer la peste des petits ruminants, l’objectif est ambitieux, mais de plus en plus accessible. Notamment, grâce à une stratégie de vaccination ciblée sur des systèmes de production agissant comme des réservoirs du virus. C’est la conclusion d’une étude scientifique publiée dans la revue PNAS.

La stratégie de contrôle de la peste des petits ruminants repose en théorie sur des campagnes de vaccination massives. Cependant, bien que le vaccin existant immunise les animaux tout au long de leur vie, de telles campagnes sont coûteuses et très compliquées à mettre en place d’un point de vue logistique.

Les travaux ont été initiés par le Cirad et menés par le Royal Veterinary College (RVC, Université de Londres), en collaboration avec des partenaires éthiopien et européens*. Les chercheurs ont combiné un modèle dynamique simulant la dissémination du virus avec une étude sérologique nationale. Les informations ainsi obtenues ont permis d’évaluer le niveau de transmission virale en zone endémique et la couverture vaccinale nécessaire pour stopper cette transmission et éliminer la maladie. Les résultats suggèrent aussi que certains systèmes de production pastorale agissent comme réservoirs du virus à partir desquels il peut se propager.

Pour Guillaume Fournié, épidémiologiste au RVC, « l’identification de populations à haut risque et l’adaptation des stratégies de vaccination aux contextes locaux sont essentielles pour réduire le coût d’éradication de maladie tout en augmentant la probabilité de succès.  »

« La peste des petits ruminants cause des pertes économiques énormes et menace particulièrement les moyens de subsistance et la sécurité alimentaire des paysans les plus vulnérables » précise François Roger, épidémiologiste au Cirad et coauteur de ces travaux. « Étant donné les budgets limités alloués actuellement au contrôle de la maladie et les nombreuses contraintes de terrain, des outils efficaces d’aide à la décision sont essentiels.  »

L’OIE, la FAO, avec l’appui notamment de l’Union européenne, lancent un programme mondial pour éradiquer cette maladie d’ici 15 ans. La Peste des petits ruminants pourrait ainsi être la troisième maladie infectieuse à pouvoir être éradiquée après la variole et la peste bovine.

La Peste des petits ruminants, une maladie dévastatrice

Cette infection virale hautement contagieuse touche près d’un milliard de moutons et de chèvres en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie. Elle entraine des pertes économiques importantes du fait des taux de morbidité et de mortalité élevés. Le rôle des ruminants sauvages dans la diffusion de la maladie est encore mal connu mais des modèles pourraient également aider à mieux le comprendre, comme celui-ci avec des buffles africains.

Le Cirad, au travers de l’unité de recherche Astre, est le laboratoire mondial de référence pour la Peste des petits ruminants.

 

* National Veterinary Institute (Ethiopie), INRA-ENVT (France), Epicentre (France), London School of Hygiene & Tropical Medicine (Royaume-Uni), City University of Hong-Kong (China).

 

 

 

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