2018-10-03 
Conférence générale annuelle de l’AIEA : la 62e session ordinaire annuelle s’est ouverte à Vienne

La 62e session ordinaire annuelle de la Conférence générale de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA)  se tient du 17 au 21 septembre 2018 au Centre international de Vienne en Autriche. Une forte délégation du Burkina Faso, conduite par le Secrétaire d’Etat en charge de la Recherche scientifique et de l’Innovation participe, aux côtés d’autres responsables et représentants de haut rang des 170 Etats membres de l’AIEA, à cette importante rencontre. Avant l’ouverture des travaux, le Docteur Urbain Ibrahim Coulidiati et sa délégation ont rendu une visite de courtoisie à l’Ambassadeur Dieudonné Kéré, dans la matinée du 17 septembre 2018, au cours de laquelle ils ont passé en revue les principaux points inscrits à l’ordre du jour de la session, dans le cadre d’une préparation optimale de la délégation.

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La Conférence générale rassemble chaque année en session ordinaire les représentants des États Membres de l’Agence internationale de l’énergie atomique pour examiner et approuver le budget de l’AIEA et statuer sur des questions soulevées par le Conseil des Gouverneurs, le Directeur général et les Etats Membres.

Lors de la dernière Conférence générale de l’AIEA, tenue en septembre 2017, les principales résolutions adoptées avaient porté sur les mesures visant à renforcer la coopération internationale dans les domaines de la sûreté et de la sécurité nucléaires. Ces résolutions étaient aussi relatives aux voies et moyens pour faire progresser les sciences et la technologie nucléaires dans les applications énergétiques et non énergétiques. Ce fut également à la faveur de la 61è session que le mandat du Directeur général, M. Yukiya Amano, a été renouvelé pour quatre années supplémentaires.

En marge de la Conférence générale, l’AIEA organise régulièrement un forum scientifique sur des sujets relatifs à la technologie et à la science nucléaires. Cette année, le Forum scientifique se déroulera les 18 et 19 septembre 2018 autour du thème: «La technologie nucléaire et le climat: atténuation, surveillance et adaptation».

Le Forum scientifique de l’année dernière avait réfléchi sur la problématique de l’utilisation des sciences et de la technologie nucléaires dans le domaine de la santé humaine. Les participants avaient débattu de la contribution des techniques nucléaires au diagnostic, au traitement et à la prévention des maladies, dont les plus meurtrières que connait notre époque.

A la date du 30 avril 2018, les Etats membres de l’Agence internationale de l’énergie atomique, créée en 1957, étaient au nombre de 170. Notre pays a ratifié les documents de l’Agence en 1998 et depuis lors participe de manière régulière aux différentes instances. Le Burkina Faso bénéficie également du programme de coopération technique.

Le programme de coopération technique est le principal mécanisme utilisé par l’Agence pour transférer des technologies nucléaires aux Etats membres, et les aider à répondre aux grandes priorités en matière de développement dans des domaines tels que la santé et la nutrition, l’alimentation et l’agriculture, l’eau et l’environnement, les applications industrielles, ainsi que le développement et la gestion des connaissances dans le secteur nucléaire. Par ailleurs, ce programme aide les Etats membres à recenser les besoins énergétiques futurs et à y répondre, et contribue à l’amélioration de la sûreté radiologique et de la sécurité nucléaire à travers le monde, notamment en fournissant une assistance législative.

La lutte contre la tsé-tsé est une préoccupation majeure en Afrique, car, de l’avis des spécialistes, son impact sur l’agriculture, l’élevage et les humains entrave considérablement les efforts de développement. Dans ce cadre, le Burkina Faso a inauguré le 17 février 2017 le plus grand insectarium d’Afrique de l’Ouest, construit avec l’aide de l’AIEA et de la FAO, en vue de l’application de la technique qui permettra de réduire les populations de mouche tsé-tsé, insecte nuisible pour les êtres humains et les animaux.

Selon les experts du domaine, cette mouche hématophage tue plus de trois millions de têtes de bétail chaque année en Afrique subsaharienne, entraînant des pertes annuelles de 4,5 milliards de dollars US pour l’agriculture locale. Les tsé-tsé transmettent la trypanosomose, parasite qui cause le nagana, maladie dégénérative du bétail. Dans certaines parties de l’Afrique, la mouche est aussi responsable de la propagation de la « maladie du sommeil » chez l’homme.

Par ailleurs, le Burkina Faso a bénéficié d’un appui technique pour l’installation et la mise en marche d’un irradiateur à cobalt.

Le Burkina Faso note ainsi de nombreux acquis de la coopération technique avec l’AIEA au plan institutionnel. On peut retenir, entre autres, la mise en place et l’équipement d’un laboratoire de culture in vitro à l’INERA de Kamboinsé et la fourniture d’équipements d’irrigation (kits) à la station de recherche de Saria.

Au niveau de l’élevage, le laboratoire national d’élevage de Ouagadougou, le laboratoire de génétique moléculaire de l’INERA de Kamboinsé et le laboratoire de nutrition animale de l’Université Nazi Boni ont été équipés. En outre, une unité d’échographie diagnostic chez les petits ruminants a été mise en place à Gampèla.

L’Ambassadeur Kéré et le Docteur Coulidiati à l’issue de l’audience

Dans le domaine de la santé, l’AIEA aide les pays à améliorer leurs services de médecine nucléaire en proposant des formations et du matériel, et en fournissant des conseils sur les systèmes d’assurance de la qualité en vue de leur utilisation sûre. Dans ce sens, l’Agence a lancé un projet quadriennal qui vise à aider 17 pays africains (Afrique du Sud, Algérie, Burkina Faso, Cameroun, Égypte, Éthiopie, Kenya, Maroc, Maurice, Namibie, Niger, Nigéria, Ouganda, Sénégal, Soudan, Tunisie et Zambie) à produire et à utiliser les «radio pharmaceutiques» indispensables pour traiter et prendre en charge le cancer et d’autres maladies courantes. En mai 2018, des représentants de ces pays ont discuté de la mise en œuvre du projet avec des experts de l’AIEA à Kampala en Ouganda.

En plus de la formation en santé et nutrition, le Burkina Faso a bénéficié d’équipements du service de médecine nucléaire du Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo et du laboratoire de l’IRSS de Bobo-Dioulasso dans le cadre de la promotion de l’allaitement maternel exclusif et de la lutte contre la malnutrition infantile. Grâce à l’appui de l’AIEA, notre pays a élaboré un programme national de lutte contre le cancer et est en train de construire le centre de cancérologie de Ouagadougou.

On note également des acquis considérables dans les domaines des ressources en eau, de l’énergie, de la protection des travailleurs, de la radioprotection, de la sureté et de la sécurité nucléaires.

De 2010 à 2017, l’assistance fournie au Burkina Faso par l’AIEA dans le cadre de projets nationaux s’élevait à 8 952 578 euros. Les dépenses effectuées au titre des projets régionaux et interrégionaux au cours de la même période se chiffraient à plus de 5 605 032 euros.

Le Burkina Faso a aussi bénéficié de 28 contrats de recherches d’un montant total de 1 176 000 euros. La contribution totale de l’Agence s’élève donc à 10 320 571 614 FCFA. Six projets nationaux sont en cours d’exécution dans divers domaines. On retiendra enfin que notre pays participe activement à la mise en œuvre de près d’une vingtaine de projets nationaux et régionaux.

L’agenda de cette 62è session ordinaire est bien fourni. La délégation du Burkina Faso, conduite par le Secrétaire d’Etat en charge de la Recherche scientifique et de l’Innovation, ainsi que l’Ambassadeur et ses collaborateurs en charge de l’AIEA, contribueront aux débats sur les différentes problématiques en discussion. Au cours de cette conférence, le docteur Urbain Ibrahim Coulidiati livrera la déclaration du Burkina Faso. Enfin, les membres de la délégation profiteront de cette opportunité pour rencontrer les premiers responsables de l’AIEA ainsi que les services techniques de l’Agence en vue de faire le point des dossiers spécifiques de notre pays.

Pour en savoir plus : https://www.iaea.org/

 

 

 

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